Un hôtel, une histoire

30/10/2012

Hôtel Cour du Corbeau : l’ancien relais de poste devenu 4 étoiles

Avec ses balustrades de bois et sa façade typiquement alsacienne, l'Hôtel MGallery Cour du Corbeau séduit l'œil des badauds et fait chavirer les cœurs de ses hôtes. Avec son riche passé et ses visiteurs célèbres, l’hôtel, situé dans le centre de Strasbourg, a connu un destin unique. D'un relais de poste à une verrerie d'art : récit exceptionnel d'un lieu chargé d'histoire(s).

Presque caché derrière dans un écrin de ruelles du centre-ville de Strasbourg, à deux pas de la cathédrale Notre-Dame, accessible après avoir traversé la place du Corbeau et franchi un porche, l'hôtel est un havre de paix et... d'histoire. Ne vous fiez pas à son nom, ici point de corbeaux ! Tout juste quelques pigeons s'arrêtent roucouler dans sa cour. L'hôtel MGallery Cour du Corbeau tient de la légende. « L'origine de son nom n'est pas très précise, explique Anne Gerber, Directrice de l’hôtel. Il viendrait soit de « cheval noir » (« rappen » en allemand), transformé au fil du temps en « raben » (corbeau)
 ; soit de sa proximité avec les anciennes boucheries au bord de l'île de Strasbourg. À l'époque, les corbeaux étaient nombreux à tournoyer au-dessus du bâtiment
».

Une balustrade en bois impressionnante
Depuis la cour, l'œil du visiteur repère instantanément le chef d'œuvre de technique et de finesse. Une immense balustrade en bois d'une dizaine de mètres de haut habille les murs de l'hôtel. « Datant de 1528, elle a été conservée à l'identique ». Dotée de coursives sur deux étages, en bois d’époque, cette balustrade unique en France est accessible aux clients de l’hôtel. « Plusieurs chambres bénéficient d’un accès direct pour le plus grand plaisir de nos hôtes qui y prennent l'air au petit matin ou au coucher du soleil » s'amuse Anne Gerber. Patinée par le temps, la balustrade trône le long de la bâtisse, témoignage du passé. Elle n'est pas le seul : la grande statue de pierre d'un corbeau orne la tourelle, clin d'œil à son nom.

Au cœur de l'Histoire
Si les visiteurs, en quête d’un séjour d’exception, y trouvent leur compte, les membres du personnel tombent également sous le charme des lieux. « Mes collaborateurs sont unanimes, confie Anne Gerber. L'endroit est magique ». L'édifice, dont la trace remonte à 1306, est l’un des derniers hôtels entièrement bâtis en bois. « Dans les anciennes écuries, nous avons installé la salle du petit-déjeuner. Et au moment des travaux, en 2009, les ouvriers ont retrouvé les abreuvoirs pour les chevaux ! » Éclatante, la couleur rouge des portes des chambres ne doit, elle aussi, rien au hasard : le restaurateur, qui a travaillé sur le chantier, a retrouvé les pigments de la teinte d’origine. En effet, à la Renaissance, les peintures de l'auberge ont été réalisées à partir... de sang de bœuf !

Surprises et interrogations
Avec ses 57 chambres spacieuses et suites, l'hôtel reproduit l'atmosphère du XVIe siècle tout en garantissant le confort moderne. Les chambres, à la décoration « design romantique », possèdent toutes un mobilier classique composé par exemple de fauteuils Louis XV aux tissus contemporains mauve, rose et gris. Certaines chambres mansardées offrent un charme intemporel. « De nombreux clients sont curieux de connaître son histoire et celle de ses anciens propriétaires » assure Anne Gerber. Et pour répondre au mieux à leurs questions, chacun des membres du personnel a reçu un cours sur les grands moments de l'édifice. « Raconter l'histoire du Cour du Corbeau fait partie d'un accueil réussi... et mémorable, comme le promet la collection MGallery ».

Des occupants célèbres
La bâtisse, qui a connu plusieurs bouleversements, a d'abord été un relais de poste entre les XVIe et XVIIIe siècle ; et a ainsi vu passer des centaines de cavaliers et leurs montures. Fermée en 1854, l’auberge a été transformée en verrerie d'art. Pendant la Seconde guerre mondiale, ses ouvriers, chargés par les Nazis de démonter les vitraux de la cathédrale de Strasbourg, ont désobéi et emballé des faux à destination de l'Allemagne. « La légende raconte aussi que Mozart y aurait séjourné ou encore que l'Empereur Frédéric Le Grand de Prusse, venu pour espionner l'armée française, aurait pris la fuite après que son nom d'emprunt fut démasqué ». On cite également le Maréchal de Turenne ou encore le roi de Pologne.

Un bâtiment exigeant
Classé monument historique depuis 1930, le Cour du Corbeau n'est pas un bâtiment comme les autres. Ses couloirs exigus et ses différents niveaux empêchent l'utilisation de chariots par les femmes de chambre. L'hôtel compte également très peu d'offices et ses nombreux escaliers nécessitent quasiment un entraînement physique rigoureux de la part de tout le personnel. « Avant de les recruter, nous demandons à nos futurs collaborateurs s'ils sont sportifs » s'amuse Anne Gerber. « Plus sérieusement, il ne faut pas avoir peur de se dépenser sans compter pour travailler ici ». Toutefois, comme le dit l’adage : « après l’effort, le réconfort ». Ainsi, en été, chauffée par le soleil, la cour pavée offre un cadre idyllique pour faire une pause à l'abri du grand châtaignier... Un critère demeure obligatoire pour faire partie de l'équipe : être et paraître heureux. « Faire plaisir est l'exigence première. Nous demandons un large sourire et une attitude très positive pour chacun de nos membres du personnel » commente Anne Gerber.

Force d'attraction
Depuis l’ouverture le 1er mai 2009, des centaines de curieux se pressent, certains jours, jusqu'à ses grilles. « Cette vieille demeure qui possède une âme » figure dans le Guide Michelin comme un site incontournable de la ville, au même titre que la cathédrale de Strasbourg ou la Cour du Corbeau.

Havre de paix
Néanmoins, au cœur du vieux centre, l'hôtel s’apparente à un refuge pour les visiteurs comme pour son personnel. « Toute l'année, nous sommes très au calme, protégés de tout. Le Cour du Corbeau est une enclave ». Les beaux jours venus, la balustrade se pare des couleurs éclatantes des géraniums. La nuit, les lumières des lanternes se reflètent dans le bois façonné, comme au temps des chevaliers.

Récemment, la légende d'un passementier qui aurait œuvré pour le Shah d'Iran a refait surface. Impossible à vérifier, elle fait désormais partie de l'histoire d'un relais de poste devenu 4 étoiles. « Tous les jours, j'ai l'impression de travailler dans un autre siècle ! » conclut Anne Gerber.

« Qui pourrait refuser pareil voyage ? »

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