Horizons durables

12/05/2015

Le tourisme face au défi de la durabilité

Le tourisme contribue fortement au développement économique mondial. Mais cela ne fait pas tout : aujourd’hui, tout le secteur est confronté au défi de la durabilité. Comment gérer la croissance touristique dans le respect de l’environnement ? Comment impliquer les populations locales dans les décisions et la redistribution des bénéfices ? Des questions essentielles pour que le tourisme soit et reste une activité qui profite à tous.

Le tourisme, un facteur de progrès socio-économique

Depuis 2012, ce sont plus d'un milliard de touristes qui franchissent tous les ans les frontières de leur pays pour voyager. Le tourisme international est désormais l'un des plus importants secteurs économiques : il représente 9 % du PIB mondial et a cumulé en 2013 plus de 1 159 milliards de dollars de recettes.

Chaque année, le secteur touristique enregistre une forte croissance, qui dépasse en 2013 celle de l'économie mondiale avec une augmentation de 4 % des voyages internationaux. Aujourd'hui, le premier pays émetteur de touristes est… la Chine !

Aux côtés des destinations traditionnelles, comme l'Europe de l'Ouest ou l'Amérique du Nord, de nouvelles destinations émergent : le Laos par exemple, mais aussi la Mongolie ou encore la Birmanie. En 2013, la région Asie-Pacifique est celle qui a enregistré la plus forte croissance des arrivées (6 %), devant l'Europe (5 %) et l'Afrique (5 %).

Le tourisme est devenu un réel facteur de progrès socio-économique, notamment grâce à sa capacité à générer de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois. Ainsi, actuellement, un emploi sur 11 est pourvu par le secteur touristique. Le World Travel & Tourism Council (WTTC) estime qu'à l'horizon 2024, environ 23,2 millions de nouveaux emplois seront créés directement dans le secteur touristique.

Le développement du tourisme est aujourd'hui un facteur essentiel de la performance économique d'un pays. Dans certains cas, comme au Maroc ou en Espagne, il devient même prépondérant.

Les enjeux du tourisme durable

Le défi de la durabilité concerne le tourisme sur plusieurs points. D'abord, la mobilité : avec, par exemple, une hausse du trafic aérien international (+ 5,7 % en septembre 2013 par rapport à septembre 2012) qui interroge en termes de pollution atmosphérique. Le tourisme serait ainsi responsable d'environ 4,6 % des émissions globales de gaz à effet de serre. La préservation des ressources en eau représente un autre enjeu considérable : les piscines, les spas ou encore les terrains de golf font partie de l'univers du tourisme, mais peuvent aussi devenir de véritables problèmes dans les pays où l'eau est peu abondante si aucune mesure éco-responsable n'est prise.

Se pose également la question des déchets : un touriste produit environ 1,5 kg de déchets par jour. L'île Thilafushi, dans l'archipel des Maldives, est à ce titre un cas d'école : autrefois véritable coin de paradis comme ses voisines, l'île forme aujourd'hui une montagne de déchets toxiques régulièrement incinérés.

Enfin, l'impact du tourisme sur les populations est parfois désastreux : tourisme sexuel, déplacements de population, non-respect des traditions locales… Le scandale des « safaris humains » au Pérou est révélateur de ce type de dérives : les touristes rêvent de rencontrer les Mashco-Piro, une des rares tribus dans le monde à ne pas avoir de contact régulier avec le monde extérieur… au risque de concourir à leur disparition.

Aujourd'hui, les recettes du tourisme bénéficient à hauteur de 70-80 % aux pays du Nord. La question de la redistribution des recettes dans les pays de destination est donc cruciale.

Le développement durable au cœur du tourisme

La Charte européenne du tourisme durable a été publiée en 1995. Elle établit que « le tourisme, de par son caractère ambivalent, puisqu'il peut contribuer de manière positive au développement socio-économique et culturel, mais aussi à la détérioration de l'environnement et à la perte de l'identité locale, doit être abordé dans une perspective globale ». Depuis, l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) mais également les entreprises du secteur touristique se mobilisent pour rendre leur activité viable sur le long terme.

L'une des réponses apportées aux risques environnementaux liés au tourisme est l'écotourisme, un terme qui concilie tourisme et développement durable. L'écotourisme vise à la fois à préserver le patrimoine naturel et culturel, à éduquer les touristes et les autochtones et à impliquer les populations locales dans le secteur touristique. Le Costa Rica a longtemps été une référence en la matière : au moment de son ouverture au tourisme, dans les années 1980, le pays s'est efforcé de respecter les principes de l'écotourisme et a construit son image sur ce modèle pour attirer les touristes internationaux.

Le développement de l'écotourisme dans le pays n'a pu se faire sans l'implication des Costariciens, sensibilisés aux enjeux environnementaux en même temps qu'à ceux liés au tourisme : protéger la nature, pour attirer des visiteurs et créer de nouveaux emplois. Aujourd'hui, l'écotourisme représente 5 % du PIB et le pays accueille annuellement plus de 2 millions de touristes étrangers. Mais victime de son succès, le Costa Rica voit les grands principes de l'écotourisme vacillés au profit du tourisme de masse. L'environnement naturel, longtemps farouchement protégé, est menacé par la surfréquentation. Restaurants, hôtels, infrastructures de loisirs poussent sur les plages et au cœur des forêts vierges, promoteurs et investisseurs étrangers bafouant les lois sur l'environnement, pour accueillir les voyageurs en quête de nature. Le prochain défi du Costa Rica serait-il alors de trouver les moyens de concilier tourisme de masse et écotourisme ? Il le faudra si le pays entend tenir son engagement de devenir la première nation « carbone neutre » en 2021.

Le tourisme durable chez Accor

En tant qu'acteur du tourisme, Accor veille aussi à intégrer les principes du développement durable dans chacune de ses activités, aux quatre coins du monde.

À l'île Maurice, où Accor est présent avec le Sofitel So Mauritius et le Sofitel Mauritius L'Impérial Resort & Spa, des Académies itinérantes ont permis de former les futurs collaborateurs locaux.

Mariola Maria Seebrunah (ci-dessus), mauricienne, est embauchée comme serveuse en stage en 1991 à L'Impérial. Aujourd'hui Premier Chef de rang, elle raconte qu'elle n'a eu de cesse d'apprendre durant les 23 années qu'elle a passées dans le prestigieux établissement. En 2002, elle a également eu l'opportunité d'aller en France à l'ibis Thalasso Thérapie de Hyères, où elle a rencontré des personnes venues du Brésil, du Maroc, du Canada, etc. « Visiter ce magnifique pays […] m'a aidé à mieux comprendre la vision de Sofitel : offrir l'élégance à la française, mêlée avec le meilleur de la culture locale. »

En Birmanie, Accor, qui a inauguré fin 2014 le MGallery The Lake Garden à Nay Pyi Taw et le Novotel Inle Lake Myat Min (premier hôtel Novotel à s'implanter dans ce pays), souhaite accompagner son développement par l'action de Solidarity Accor, le fonds de dotation du Groupe. La Birmanie, qui commence à s'ouvrir à l'international après des décennies aux mains d'une junte militaire, est l'un des pays les plus pauvres au monde : 35 % de la population y vit sous le seuil de pauvreté.

Avec l'association FXB International, Solidarity Accor permet à 80 jeunes filles âgées de 15 à 24 ans, déscolarisées, souvent orphelines et vivant dans une extrême pauvreté, d'être formées au métier du tissage manuel et de la décoration intérieure. Le programme, prévu pour durer un an, peut être allongé pour celles qui souhaiteraient une formation plus longue. Durant cette année d'apprentissage, les jeunes femmes sont nourries et logées sur place et bénéficient d'entretiens individuels.


Désormais, les acteurs du tourisme - qu'ils s'agissent d'institutionnels ou de groupes internationaux, sont mobilisés pour agir de manière responsable et assurer la pérennité de leur activité. Mais ils ne sont pas seuls : les touristes eux-mêmes ont pris conscience de la nécessité de préserver la planète pour que les générations futures puissent à leur tour en découvrir les merveilles. D'après une enquête réalisée par Trip Advisor en 2012, plus de 70 % des touristes interrogés déclarent prévoir de faire des choix plus écologiques à l'avenir.

NB : article consacré à l'actualité et aux tendances du développement durable réalisé par la Direction de la Communication.

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